Mégaphone Adie : les entrepreneurs se font entendre dans les Municipales

6 janvier 2020

Le Mégaphone de l’Adie s’est arrêté à Caen. Et les entrepreneurs ont su le saisir pour se faire entendre.

Cet évènement vise à inclure le développement des entreprises individuelles locales dans les programmes des municipales.

« L’Adie a mis en place une démarche qui consiste à donner la parole aux porteurs de projet, afin de la faire remonter aux pouvoirs publics. Notre Mégaphone est déjà allé jusqu’aux oreilles des parlementaires, et nous avons obtenu des résultats tangibles pour faciliter la création d’entreprise », explique la directrice Adie Grand Ouest, Fabienne Kerzerho. « Nous avons constaté que le niveau local devait aussi entendre notre voix. Mairies et intercommunalités ont des compétences sur la création d’entreprise. Nous avons donc relancé notre Mégaphone dans l’optique des prochaines élections municipales ».

Vers un livre blanc

Pour appuyer sa réflexion, l’Adie a initié avec BVA une enquête auprès de ses entrepreneurs. Ils ont été interrogés sur leur vécu, leur quotidien de chef d’entreprise, sur leurs attentes, leurs besoins, leurs préoccupations. Mille d’entre eux ont répondu, ce qui constitue un échantillon des plus représentatifs. Puis l’Adie est allée sur le terrain, dans un Tour de France du Mégaphone, pour ajouter aux statistiques le ressenti né d’échanges entre créateurs au cours de tables rondes. « Toutes les idées seront compilées au sein d’un livre blanc qui sera remis en début d’année aux candidats. Nous ne prétendons pas régler tous les problèmes, mais chercher des solutions efficaces et pratiques », précise Fabienne Kerzerho.

C’est ainsi qu’une dizaine de participants, créateurs et partenaires de l’Adie, se sont retrouvés à la maison des associations de Caen pour s’exprimer en toute franchise et en toute liberté autour de trois ateliers « je me lance », « j’exerce mon activité », « je développe mon activité ». Les idées ont fusé, très pratiques, très innovantes, les entrepreneurs ont démontré beaucoup de capacité d’analyse, de projection, une réflexion très pointue sur leur métier, leur cadre de vie, sur ce qu’il est possible de faire pour aller plus loin, pour grandir, pour contribuer au développement économique local. Entre des activités de couture, de cuisine à domicile, de magnétiseur / médium nomade, de pianiste, de peintre en bâtiment, pour ne citer que quelques exemples de participants, il pourrait n’y avoir que peu de points communs. Et pourtant tous ont exprimé des préoccupations très voisines, ont parlé d’une même voix, celle de l’économie et des entreprises.

Développement économique local

De toutes ces idées, ces réflexions, compilées sur des grands post-its de couleurs pour faciliter leur lecture, quelques thématiques centrales sont revenues : l’importance du réseau, le soutien à apporter en termes de communication, la préférence territoriale, la présence dans les événements locaux, la question du loyer, la réduction fiscale, les déplacements… Des suggestions ont fusé, comme le macaron pour stationner réservé aux autoentrepreneurs, un site d’autopartage, une mise à disposition de locaux dans des centres commerciaux, un loyer indexé sur le chiffre d’affaires, l’organisation de forum ou de salons des entrepreneurs… Des concepts pleins de bon sens, souvent aisés à mettre en œuvre, et qui pourraient tellement simplifier le travail des créateurs. Tout le monde aurait à y gagner.

Les points forts de l’enquête Adie – BVA

58 % des créateurs soutenus par l’Adie ont ressenti des difficultés (locaux, stockage, loyer trop élevé…) au moment du démarrage

76 % n’ont pas obtenu d’aide de la collectivité, car ils ne savaient pas que cela existait

29 % ne sont pas satisfaits des conditions d’accès à Internet

35 % connaissent des difficultés lors de leurs déplacements (accès au centre-ville, transports en commun pas adapté, véhicule trop vieux ou polluant…)

52 % sont satisfaits des horaires d’ouverture des services publics

46 % ont effectué des démarches en ligne

85 % ne se sentent pas suffisamment soutenus par leur mairie dans le développement de leur activité. Parmi eux, 55 % considèrent que la mairie ne met pas assez en valeur les entrepreneurs, 20 % que les marchés publics sont trop compliqués, pas accessibles, 30 % qu’ils n’ont pas accès aux évènements organisés par la ville… Et près de 3 sur 4 se considèrent insuffisamment informés sur les services, la fiscalité, les aides…

Les trois difficultés principales citées par les entrepreneurs sont le manque d’aide financière au démarrage de l’activité ; le manque de valorisation des entreprises du territoire par la mairie ; l’accès aux locaux.